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Futomani

 

Futomani.

futomani

Futomani Source google

 

La futomani est une divination par les omoplates d’un cerf.

La futomani est une ancienne pratique de divination originaire du Japon, utilisant comme support les omoplates de cerf pour prédire les événements futurs. En tant qu’art divinatoire, elle s’inscrit dans une tradition plus large de rites et de pratiques visant à obtenir des réponses à des questions cruciales ou à anticiper l’avenir. La pratique de la futomani, aujourd’hui quasiment disparue, témoigne d’un patrimoine culturel riche, mêlant croyances, symbolisme et techniques empiriques. Elle a cependant connu une renaissance limitée lors de cérémonies traditionnelles, notamment au sanctuaire shinto du mont Mitake.

Le terme "futomani" dérive du japonais, où "futo" signifie "large" ou "épais", et "mani" fait référence à une pratique de divination ou de lecture. Littéralement, "futomani" pourrait se traduire par "lecture des épaules épaisses" ou "divination par les épaules". La racine "mani" évoque une méthode de lecture ou d’interprétation, souvent associée à des pratiques divinatoires traditionnelles.

La futomani est une pratique ancienne, dont les origines remontent à la période pré-moderne du Japon, voire avant l’introduction de la pratique chéloniomancie (divination par la carapace de tortue). Elle appartient à une famille de divinations utilisant des supports naturels, comme la chéloniomancie ou la scapulomancie, qui consistaient à interpréter des craquelures ou des formes apparues sur des surfaces d’os ou de carapaces soumises à la chaleur.

Elle semble avoir été une pratique rituelle réservée à certaines classes ou figures religieuses, notamment lors de cérémonies shinto ou dans des contextes de chamanisme. La pratique aurait été répandue dans les régions rurales et dans certains sanctuaires, où elle servait à obtenir des conseils ou des prédictions pour la communauté ou pour des individus.

Les premières mentions écrites ou orales de la futomani datent de textes anciens, où elle était associée à la divination par les animaux, en particulier le cerf, considéré comme un animal sacré dans la mythologie japonaise. La pratique aurait également été liée à des rites de chasse ou de fertilité, où les craquelures sur les omoplates servaient de signes divins.

La pratique de la futomani repose sur un procédé simple mais précis :

1. Préparation de l’os : On sélectionne une omoplate de cerf, généralement une pièce épaisse, propre et sèche, souvent récupérée lors de sacrifices ou de chasses rituelles.

2. Chauffage : L’os est soumis à la chaleur du feu de bois. Il est placé à proximité ou directement dans le feu, de manière à provoquer une déformation ou des craquelures à la surface.

3. Observation des craquelures : Après refroidissement, le praticien examine attentivement la surface de l’os. Les craquelures qui se forment ont des formes, des directions et des motifs spécifiques.

4. Interprétation : La lecture consiste à comparer ces motifs aux schémas traditionnels ou aux symboles connus. La signification des craquelures peut varier selon leur forme, leur emplacement, leur orientation ou leur densité.

5. Rapport au questionnement : La pratique est souvent orientée vers une question précise, comme la réussite d’une chasse, la fertilité, la guerre, ou des événements à venir.

La méthode requiert une connaissance approfondie des schémas divinatoires traditionnels, souvent transmis oralement ou par des textes anciens. La lecture n’est pas simplement esthétique mais symbolique, nécessitant une intuition et une expérience pour interpréter les signes.

Les craquelures formées sur l’os de cerf peuvent évoquer diverses formes : lignes sinueuses, figures géométriques, motifs ressemblant à des figures humaines ou animales, ou encore des configurations abstraites. La signification dépendait du contexte, du lieu, et de la question posée.

Dans la tradition, certains motifs étaient considérés comme des messages directs du divin ou des signes annonciateurs d’événements précis. Par exemple, une craquelure en forme de croissant pouvait symboliser une bonne récolte ou un succès à venir, alors qu’un réseau dense pouvait indiquer des difficultés ou un danger.

Les motifs pouvaient également représenter des figures mythologiques, des symboles shintô ou bouddhistes, ou des éléments naturels comme le vent, l’eau ou la terre. La compréhension de ces symboles faisait partie d’un savoir ésotérique transmis par des praticiens spécialisés.

Historiquement, la futomani était pratiquée lors de cérémonies religieuses, notamment par des prêtres shintô ou des chamans, pour prendre des décisions importantes ou pour consulter des divinités. La pratique pouvait également être intégrée dans des rituels de chasse, de fertilité ou de protection contre les calamités.

De nos jours, la pratique a disparu dans sa forme originelle, remplacée par des méthodes plus modernes ou abandonnée en raison de la perte de connaissances traditionnelles. Cependant, elle subsiste encore dans certains rituels au sanctuaire shinto du mont Mitake, où elle est exécutée lors d’événements annuels pour préserver le patrimoine culturel.

La futomani peut être rapprochée de la scapulomancie, une pratique plus répandue dans d’autres cultures, utilisant aussi des omoplates ou des os pour la divination. La chéloniomancie, basée sur la carapace de tortue, est une pratique apparentée, où l’on interprète les craquelures formées par le chauffage de la carapace.

Ces pratiques partagent une origine commune : l’utilisation de supports osseux ou coquilliers pour capter des signes divins, dans une logique de lecture symbolique. La futomani se distingue par son support spécifique – l’omoplate de cerf – et par sa méthode particulière d’interprétation.

Voici une sélection d’exemples illustrant la diversité des formes et leur interprétation :

1. Craquelure en forme de croissant : annonce d’une bonne récolte.

2. Réseau dense de craquelures : période de difficulté ou de conflit.

3. Une ligne droite traversant l’os : succès dans un projet.

4. Forme de spirale : évolution positive ou croissance.

5. Craquelure en forme de croix : protection divine ou événement important.

6. Forme de vague : changement ou transition.

7. Figures ressemblant à un animal : message de l’animal évoqué.

8. Craquelures dispersées : instabilité ou incertitude.

9. Motifs en zigzag : conflit ou discordance.

10. Forme de cercle : harmonie ou complétude.

11. Craquelures en étoile : succès ou révélation.

12. Fissures en forme de visage : message d’un ancêtre ou esprit.

13. Craquelure en forme de flèche : direction à suivre.

14. Motifs en forme de nuage : incertitude ou événements atmosphériques.

15. Craquelure en forme de clé : ouverture d’une nouvelle étape.

Chacun de ces motifs pouvait être interprété selon le contexte de la question posée, la tradition locale, et l’intuition du praticien.

Bien que la futomani ait disparu en tant que pratique courante, elle reste présente dans la mémoire collective et dans certains rituels traditionnels. Au sanctuaire shinto du mont Mitake, la pratique est encore exécutée lors d’événements annuels pour préserver cette tradition, symbolisant la transmission du savoir ancestral.

Les chercheurs et passionnés de culture japonaise considèrent la futomani comme un exemple précieux de l’art divinatoire indigène, illustrant la manière dont les sociétés anciennes tentaient de comprendre leur environnement et leur destin à travers des signes naturels.

La futomani est une pratique divinatoire emblématique du Japon ancien, mêlant symbolisme, empirisme et spiritualité. Elle s’inscrit dans une tradition plus large d’art divinatoire utilisant des supports osseux et coquilliers pour capter des messages divins. La méthode repose sur la chaleur appliquée aux omoplates de cerf, la lecture de craquelures, et leur interprétation selon des schémas traditionnels transmis oralement. Si elle a disparu en tant que pratique quotidienne, elle demeure un témoignage précieux de la relation entre l’homme, la nature et le divin dans la culture japonaise. Son étude permet de mieux comprendre la vision du monde et la quête de sens de sociétés anciennes, tout en enrichissant notre connaissance des arts divinatoires à travers le temps.

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Spirituellement vôtre.

 

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