
Anthropomancie Source google
L’anthropomancie est une divination par les entrailles des hommes morts.
L’anthropomancie, une forme ancienne de divination, consiste à interpréter les entrailles humaines, en particulier celles de personnes mortes ou mourantes, afin d’obtenir des prédictions sur l’avenir. Cette pratique, d’origine très ancienne, remonte à plusieurs siècles avant notre ère, notamment à l’époque romaine et antique, où elle jouait un rôle central dans les rituels religieux et politiques.
L’anthropomancie dérive du grec « anthropos » (homme) et « manteia » (divination). Elle désigne la pratique de lire ou d’interpréter les viscères humains, souvent ceux de personnes mortes ou sacrifiées, pour prédire des événements futurs ou obtenir des conseils divins. La particularité de cette méthode réside dans le fait qu’elle repose sur l’inspection minutieuse des entrailles, telles que le foie, les intestins ou d’autres organes internes, considérés comme porteurs de messages divins ou de signes de l’avenir.
Le terme « anthropomancie » provient du grec ancien, où « anthropos » signifie « homme » ou « humain », et « manteia » évoque la divination. La racine « mante » est présente dans d’autres pratiques divinatoires comme la « chiromancie » (lecture de la paume) ou la « hepatomancie » (lecture du foie). La combinaison de ces racines souligne que cette pratique s’inscrit dans une tradition de divination par les entrailles, spécifiquement celles des êtres humains.
L’histoire de l’anthropomancie est riche et souvent sombre, marquée par des pratiques extrêmes et des sacrifices humains. Elle remonte au moins au IIIe et IVe siècles de notre ère, notamment sous l’Empire romain. L’empereur Julien l’Apostat, aussi appelé Flavius Claudius Iulianus, est souvent associé à cette pratique, notamment par ses sacrifices d’enfants pour consulter l’avenir. Selon les chroniques, il aurait ordonné des sacrifices rituels où l’on découpait les entrailles des victimes, puis on interprétait leur contenu pour obtenir des réponses aux questions cruciales.
Au-delà de Rome, cette pratique était répandue dans diverses régions du bassin méditerranéen et dans le Caucase. Les Lusitaniens, ancêtres des Portugais, ainsi que certains peuples albanais, employaient également cette méthode pour prédire l’avenir. La cruauté de ces sacrifices et leur contexte rituel témoignent de l’importance que cette divination pouvait avoir dans la prise de décisions politiques, militaires ou religieuses.
Plus tard, des tyrans et des chefs militaires utilisaient aussi cette pratique pour renforcer leur pouvoir. Certains auraient fait sacrifier des prisonniers en les maintenant dans des conditions extrêmes, comme dans des jarres remplies d’huile de sésame ou en leur donnant des figues et des noix, dans le but de faire disparaître leur chair et de n’en laisser que des vestiges. Ces vestiges, une fois desséchés, étaient analysés pour en tirer des prévisions ou des conseils pour leurs affaires.
La méthode de l’anthropomancie était particulièrement cruelle et méthodique. Elle comprenait plusieurs étapes :
1. Sacrifice ou mort de la victime : souvent un enfant, un vierge ou un prisonnier, volontaire ou forcé, était sacrifié dans un contexte rituel. La victime pouvait également être un mourant, dont les entrailles étaient examinées peu après son décès.
2. Préparation de la victime : la personne était placée dans un récipient, comme une jarre, où elle était laissée à sécher ou à se décomposer, parfois en étant plongée dans des liquides comme l’huile de sésame.
3. Observation des viscères : après une période donnée, on retirait les viscères, notamment le foie, les intestins, ou le cerveau, pour examiner leur forme, leur couleur, leur texture et la disposition des organes.
4. Interprétation : les signes trouvés dans les entrailles étaient analysés selon un symbolisme précis, souvent basé sur la couleur, la forme ou la présence de anomalies. Par exemple, un foie en forme particulière ou une couleur inhabituelle pouvait signifier une victoire ou une défaite, une calamité ou une prospérité.
5. Application : les résultats obtenus guidaient les décisions politiques, militaires ou religieuses.
L’interprétation de cette divination repose sur une lecture symbolique des viscères. Les praticiens ou prêtres divins cherchaient des signes dans la texture, la couleur, la forme ou la disposition des organes. Par exemple, un foie de couleur jaunâtre pouvait indiquer une mauvaise nouvelle, tandis qu’un foie rougissant annonçait une victoire ou un bon présage. La forme des viscères, leur mobilité ou leur apparence générale étaient aussi des éléments cruciaux dans la lecture.
Ce type de divination était considéré comme une communication directe avec le divin ou les forces surnaturelles. La confiance dans ces signes était immense, car ils étaient perçus comme porteurs de messages divins ou du destin. La pratique était souvent accompagnée de rituels complexes, de prières ou d’incantations, pour renforcer la précision de la lecture.
Voici des exemples illustrant la diversité et la portée de l’anthropomancie à travers l’histoire :
1. Sacrifice d’un enfant à Rome pour prédire une guerre.
2. Interprétation du foie d’un prisonnier pour décider d’une attaque militaire.
3. Sacrifices rituels dans la Gaule antique pour obtenir des récoltes favorables.
4. Analyse des viscères d’un roi mourant pour connaître la suite de ses successeurs.
5. Sacrifice d’un jeune vierge pour déterminer la date d’une invasion.
6. Interprétation des entrailles d’un guerrier mort au combat pour prévoir une attaque.
7. Sacrifice humain lors de cérémonies en Lusitanie pour apaiser les dieux.
8. Lecture des viscères d’un animal sacrifié pour connaître la météo.
9. Sacrifice d’un prisonnier pour prédire la chute d’une cité.
10. Analyse des viscères pour choisir la date d’un combat crucial.
11. Sacrifice d’un enfant pour obtenir la victoire lors d’un tournoi.
12. Sacrifice rituel dans la Perse antique pour connaître la volonté divine.
13. Sacrifice d’un enfant dans la mythologie nordique pour assurer la fertilité.
14. Sacrifice d’un prisonnier dans l’Empire byzantin pour prédire une épidémie.
15. Sacrifice d’un enfant pour écarter une calamité naturelle.
L’anthropomancie est une pratique ancienne, profondément ancrée dans des rituels de sacrifice et de divination, souvent empreints de cruauté et de superstition. Elle reflète la volonté des peuples anciens de comprendre leur destin et de maîtriser l’avenir à travers des formes de communication directe avec le divin, en utilisant le corps humain comme porteur de messages. Bien que cette pratique ait disparu ou été abandonnée dans la majorité des cultures modernes, elle demeure un sujet d’étude important pour comprendre les croyances, les rituels et la psychologie des sociétés anciennes, ainsi que l’évolution des pratiques divinatoires.
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